Paradoxe: délimitation
psycho-médico-géographique de la porte qui cerne la ligne entre le sain
d’esprit (l’hôpital, secteur physique) et ceux qui ont des plaies de l’âme
indéfinie (l’hôpital, secteur santé mentale). Une frontière sans passeport, nécessitant
une preuve que le cerveau--oui, ben-- cet engrenage à fonctions
multidisciplinaires soit apparemment défectueux pour un temps non-préconçu. Deux entités, deux agents, deux univers, deux flocons de neige carrément Wednesday, 23 October 2013
The Myth of Health Care
Paradoxe: délimitation
psycho-médico-géographique de la porte qui cerne la ligne entre le sain
d’esprit (l’hôpital, secteur physique) et ceux qui ont des plaies de l’âme
indéfinie (l’hôpital, secteur santé mentale). Une frontière sans passeport, nécessitant
une preuve que le cerveau--oui, ben-- cet engrenage à fonctions
multidisciplinaires soit apparemment défectueux pour un temps non-préconçu. Deux entités, deux agents, deux univers, deux flocons de neige carrément Les premiers pas vers l'inconnu
Ma première hospitalisation. Le premier goût à la souffrance du trouble alimentaire. La fois, de trop.
Ariana Marina Sams
13-14 ans Hôpital CHUL
Malgré le
vide, je veux la vie
Je me suis dirigée
vers la voiture avec lassitude. Je sentais ma gorge se nouer comme si quelqu’un
prenait plaisir à faire des nœuds-papillons démesurés dans mon œsophage. Le voyage
vers Québec s’est passé lentement. On a écouté les mêmes chansons de notre
départ jusqu’à notre arrivée. Elles étaient lourdes. Québec nous a accueilli
mon père et moi cette même soirée. La fatigue nous a mené vers un sommeil sans
controverses.
Une infirmière m’a ordonnée de mettre une chemise d’hôpital. Un pédiatre est entré. Elle portait ses cheveux noirs tressés et avait quelques mèches qui se battaient pour sortir de sa chevelure rebelle. Elle m’a regardé un peu sèchement. J’étais allongée et j’étais inconfortable. Je ne voulais pas qu’elle me touche. Le médecin portait un air difficile à assimiler. Elle m’a demandé de lever ma chemise d’hôpital pour qu’elle puisse palper mon ventre. Je voulais crier. J’étais pris au piège. Pourquoi mon ventre? Je ne voulais pas qu’elle puisse me voir. J’allais m’exposer et laisser ses yeux intrusifs m’analyser. Nue. Infraction. Perturbations. Esprits cinglés. Corps désamorcé. J’ai hésitée et j’ai levé la jaquette. Son visage calme et réservé est devenu crispé. Elle semblait alarmée et remplie de questionnements. Balivernes! Elle m’a fixé le ventre et a plissé le front. Ces mains ont parcourues mon corps. Je retiens le souffle. Le débit de son touché. Intrusif. Je ne voulais plus respirer, ni regarder. La pédiatre est partie et est revenue avec une machine à pression et un thermomètre. Elle m’a regardé avec un regard profond et franc. Elle ne souriait pas, les yeux toujours braqués sur moi. J’étais plutôt inquiète de son non verbal assez contraignant. Elle est repartie à nouveau, cette fois elle chuchotait dans le couloir. J’ai entendu ces quelques mots ; cardiologie, hypothermie, instable. Le reste m’est échappé. Mes pensées n’étaient plus cohérentes à ce moment. Mon père m’a laissé seule. J’ai voulu fermé les yeux et disparaître de ce décor. Le docteur est revenue dans la chambre où mon influx de pensées était assez élevé. Elle m’a dit d’un ton ferme que je devais être hospitalisée comme prévue pour mes examens en gastroentérologie, sauf que j’allais changer d’unité. J’allais être admise au département de cardiologie. Cardiologie? Mon coeur. Il ne va pas flancher comme ma tête? Quand mon père est revenu de dehors il avait l’air consterné et blanchâtre. Qu’est ce que j’avais foutu ? J’avais froid de ne plus pouvoir lui faire comprendre. Il m’a caressé et je l’ai regardé abattue. J’ai mal de ne pas comprendre, de ne pas avoir l’énergie pour verser mes inquiétudes. Qu'une larme, qu'une larme. J'aurais voulu laisser couler mon chagrin. Je voulais fermer les yeux seulement pour un instant, pour reprendre le souffle perdu, pour ne plus entendre les envies de mon corps et de mon cœur. Je voulais un moment sans le tout. Les cris. Un moment d'écart, de silence.
Le médecin m’a juré
qu’elle allait revenir avant la fin de la journée. Elle n’avait pas besoin de
me rassurer de cette façon. Je ne voulais pas la revoir, pas elle, ni
personne. Je voulais être seule avec le trouble que j’avais semé et mon
dégât intérieure. Je ne voulais surtout pas le bruit du monde extérieur qui résonne. Je
voulais être toute légère comme un oiseau avec son doux plumage, je voulais
m’envoler loin dans l’univers d’un monde qui n'était pas des nôtres, je voulais nager à travers
les plus immenses vagues jusqu’au bout de la terre, je voulais être libre comme
le vent. Je ne voulais pas être prisonnière d’un corps comme celui que je
portais. J’en demandais beaucoup trop. Je voulais ressentir le vide se remplir
et laisser la lourdeur partir et se mêler avec le chaos de ce monde complexé
par l’incompréhension. En étant allongée
sur mon lit, je regardais paisiblement le plafond, pensive. Une infirmière plus
âgée m’a apporté un plateau pour le dîner. J’avais la nausée. Je me
rappelle encore de l’odeur du macaroni à la viande qui faisait faire un mouvement
d’ascenseur à mon ventre. J’ai pris quelques bouchées en enlevant la
viande des nouilles. Je m’étais enfermée dans la salle de bain qui était face
au lit. Je m’étais penchée devant la toilette. Je voulais me libérer de tout. Le mal. La colère. L'ennuie. L'amour. Je voulais qu’on me tienne la main et à la fois qu’on me laisse aller... Je
voulais qu’on me prête une réponse aux obstacles. Qu’est ce que j’avais de si
grave ? J’ai tiré la chaîne. Je me suis laissée tomber, la tête pressée contre
mes mains. Je m’étais remise à faire la même activité qu’avant. Je regardais le
plafond. Les yeux lourds de peine. Ces maux, trop de pensées sans mots pour
l’expliquer. La douleur. Je compte, je respire, je souffle. Je m'endors.
Je voulais transmettre
par osmose ce que je ressentais à mes proches. Je ne pouvais pas expliquer ce
qui me chamboulait autant. J’étais trouée et je n’avais pas d’explications pour
ce qui se produisait. Mon père est resté à l’hôtel cette soirée là. Une
infirmière a pris ma tension artérielle et m’a piqué plusieurs fois sans
succès. Elle m’a installé des électrodes sur les côtes et tout près de ma
poitrine. J’ai mal. Est-ce qu'elle me juge? J’ai froid. Je ne devrais pas recevoir ces attentions. Je m’étouffe. Je suis lourde.
Partir, laissez-moi partir… J’étais branchée au mur avec un tourbillon de fils.
Je veux serrer quelqu’un. Je veux m’éloigner. Je veux partir.
Sur mon lit, se trouvait
un moniteur cardiaque. Le
brassard me serrait et me pinçait un peu le bras. Je le méritais. La dame m’a
regardé en me laissant savoir que les chiffres sur l’écran n’étaient pas hauts.
Le vent sifflait à torrent entre mes deux oreilles. J’ai fixé au loin. Ces
jeunes malades. Je ne suis pas malade comme eux. Ils sont là parce qu’ils
souffrent. C’est de ma faute. J’ai laissé ma tête tomber durement sur mon oreiller
qui sentait l’hôpital et j’étais partie pour un moment. Je m’étais levée plus tard avec les yeux
exorbités quand j’ai entendu une alarme sonnée. Je me suis tournée, inquiète,
troublée et embarrassée. Une lumière jaune s’est illuminée, suivie par des
lignes instables qui gribouillaient le moniteur cardiaque en entier. Une phrase
en lettres majuscules prenait place sur le coin du moniteur ; “Rythme
Card. Irreg.’’ Merde. C’était certain à ce moment précis que ma vie prenait fin.
L’infirmière est passée me voir. Elle m’a demandé de garder mon calme, de
respirer et d’essayer de me rendormir, que les médecins allaient repasser. Je
ne pense pas qu’elle ait compris l’état dans lequel j’étais. J’avais peur. J’étais
forte. J’étais peut-être juste trop faible aussi. Étais-je si ignorante? Je voulais
que la dame me jure que je n’aurais plus à m’inquiéter, en fait, que je n'allais pas prendre mon dernier souffle. Je ne veux pas tant partir...juste un peu. Je voulais que la
tornade soit terminée.
Je ne connaissais pas de remède. Je ne ressentais aucune
force, aucun espoir et la seule option était de croire en quelque chose
d’abstrait qui me sauverait de ce qui m’acharnait. Je me suis répétée que je
voulais vivre. Les larmes coulaient chaudement sur mon visage terne. Je pleure. Je pleure. Je pleure. Je ne
comprends rien. Je veux qu’ils comprennent. J’aime. Je suis simplement troublée
et je n’ai pas de réponses claires. J'ai peur de quoi? Le froid. La vie. Je veux que le monde entier m’entende, mais
je n’ai plus de voix.
CHUL, 2007
Deep-resting
They are serrated. Shivers. They plunder their way across the entity of my body acting as autocrats. Uninvited, they are snakelike and intrusive. They don’t seem to be acting appropriately as they have an amplified power of seduction towards the grasping, frigid air. Frantic. Sudden. I am cold and stiff. My eyes feel like lead drowning into my cheeks. The hardness of the wood under me feels damp. This may be the closest experience to paralysis that I will ever succumb to. I stare at the ceiling. I can’t feel anything. I am impaired. The wiring and circuits throughout my brain somehow just refrained from being functional. Neurons. They aren’t transmitting. Anything. Sucked out into this lapse of undetermined time. I keep inhaling the dryness of nothing at all, chocking on saliva that has made an abrupt appearance around the lining of my throat. I cough. This disrupts the deafening silence. The noise sails through canals, channeling towards numerous areas of this inert body. Electrical-shock-communication. Wither out of the nothing. The sedation is over when footsteps are near. They imply words. Feet stomp into the room. I do not look anywhere but where my vision has guided me. The voice asks me what the hell I am doing on the floor. That was a previous question that I had posed to my mind. I rapidly gave up on the answer, not wanting to search within, in vain of auto-humiliation. My neck feels like it has been molded into the floor, my head acting like a piece of furniture. My arms stay anchored to the sides of my own person, protecting it. I swing my head up, while it crashes heavily back onto the floor, this time facing a foot. She, the person above the organ besieging me orders me to get up. I stare at the blueness of the puffed structures that creep up her entire leg. There is so much life within those tiny vesicles. The foundation of life itself flows within the cylindrical cables. My eyes ache. I try to speak.
Eyes shut. Today, I crashed.
Eyes shut. Today, I crashed.
Eyes Wide Shut
"Eyes closed, mouths open, as if in a dream. Standing facing us with their backs to the darkness, they sing, soundless; they have been standing here, singing for themselves for a long time, imagining us, hearing. Standing, facing days of tedium, facing a world that has adorned them with a false crown. Standing, waiting."
-Iranian Photographer Newsha Tavakolian on her series “Listen," which photographs Iranian female singers banned from performing publicly or recording in the country.
Source
Vai, vai bambino vai vedrai, vai
''Go, go child, go, you'll see, go
go, go little one, go you'll see, go
you'll see
where fortune walks
you can't reach there with the heart any more
only with your feet on the moon
oh my child, you'll see
go and you'll see that
a smile
often hides a great sorrow
go and you'll see
the madness of mankind
madness
of mankind without rightness, go
madness
of warriors without fear, go
madness
of a child full of life
who, playing at paradise
as a soldier was killed
My child you will see
go and you'll see that a smile
often hides a great sorrow
go and you'll see
madness
go and you'll see
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